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- Paris Ouest Séminaires

Des projets et des hommes

Découvrez autrement nos maisons avec ce mois-ci l’interview de Gaëtan Delesalle, président de Paris Ouest Séminaires et directeur adjoint de Cazaudehore. Il dévoile pour vous les coulisses de son entreprise et de ses projets.

Comment l’histoire de votre établissement a-t-elle commencé ?
Notre histoire remonte en 1928 où Jean Baptiste Cazaudehore, cadet d’une famille de fermier, dépourvu d’héritage, puisqu’à l’époque seul l’ainé en bénéficiait, monte de son Béarn natal à Paris. Il débute alors en tant que maître d’hôtel chez Prunier où l’un de ses clients lui propose de s’occuper de la partie restauration d’un cynodrome, circuit dévolu aux courses de lévriers, à St Germain en Laye. Le projet ne se fait pas mais il s’installe tout de même dans la ville royale et réhabilite une ex-cantine militaire, qui devient « la buvette du stade ». Avec Liliane son épouse, il dynamise le lieu, placé sur l’une des toutes premières lignes de train qui desservait Paris / St Germain en Laye et où les parisiens venaient s’encanailler. Les deux ailes ainsi qu’un jardin à la française voient alors le jour. Après la libération de Paris, leur fils, Pierre Cazaudehore, poursuit ce développement et construit en 1972 la partie hôtelière, affiliée à « la route du bonheur », 1ère de la chaîne Relais et Châteaux. Dans le début des années 90, alors que Philippe Cazaudehore a rejoint son père depuis peu, l’établissement prospérant obtient sa 1ère étoile Michelin. Troisième génération de Cazaudehore, Philippe, propriétaire actuel reprend le lieu avec son épouse Isabelle. A leur tour, ils poursuivent son embellissement et sa dynamisation avec l’ouverture de grandes baies vitrées sur la forêt, le lancement des soirées Jazzhaudehore…

Quels sont les points forts de votre maison ?
Nous sommes labellisés Relais et Châteaux depuis 45 ans, ce qui est déjà au vu des conditions d’affiliation de la chaîne, un gage de qualité et la preuve d’une relation client exigeante. Nous nous démarquons aussi par une cuisine d’exception composée uniquement à base de produits frais et nous nous engageons à recevoir nos hôtes comme dans une véritable maison de famille.

Comment pouvez-vous caractériser votre clientèle ?
Notre clientèle est à la recherche de valeurs et d’un établissement qui ne soit pas standardisé. Cazaudehore représente aujourd’hui une véritable institution, pour ceux qui souhaitent fréquenter des lieux authentiques dotés d’une histoire forte. Nous reflétons à la fois cette tradition mais aussi un côté avant-gardiste, dans un endroit où le principal est de se sentir bien. La clientèle étrangère, elle, retrouve ici, le « taste of France ». Nos 30 chambres ont toutes une décoration particulière et l’on y respire le charme d’une maison typiquement française.

Pouvez-vous nous donner quelques chiffres clefs sur votre activité ?
Nous avons un CA annuel d’environ 4 millions d’euros, avec la particularité d’avoir près de 80 % issus de la partie restauration.
Le secteur des entreprises et séminaires est lui en constante évolution et est passé d’environ 14% en 2012 à 20 % cette année. C’est le résultat de tout une politique de développement, dont bien entendu le projet Paris Ouest Séminaires.

Quel est l’impact de l’actualité et des événements récents sur votre activité ?
Notre activité a été, comme pour beaucoup d’autres confrères, impactée par la crise financière. En 2007, nous frôlions les 5 millions d’euros annuel. Depuis la crise de 2008, nous avons dû changer notre manière de fonctionner pour maintenir le cap. Quant aux événements plus récents, et l’image de la France aujourd’hui, nous subissons une perte par rapport à la clientèle étrangère avec moins 18 % de fréquentation. Il est évident que les attentats, les grèves, le brexit… ont amené une baisse sensible du tourisme loisirs ou d’affaires, issu de l’international.

Le travail en réseau reste donc essentiel. Quelles sont les clefs du succès de votre collaboration avec Paris Ouest Séminaires au titre de votre établissement et en tant que président du GIE ?
L’une des clefs principales est de se considérer autrement que comme des concurrents, mais plutôt d’avoir jouer la carte de la mutualisation comme un potentiel levier de croissance. Nous avons 30 chambres à Cazaudehore mais ce regroupement sous forme de GIE nous permet aujourd’hui de proposer près de 400 hébergements sur l’ouest parisien et de représenter ainsi en collectif, une véritable valeur ajoutée, notamment en terme de commercialisation. Paris Ouest Séminaires, c’est actuellement prés de 10 % du CA séminaires de mon établissement alors que nous sommes seulement à la deuxième année d’exploitation du GIE. C’est une belle illustration du célèbre adage, « l’union fait la force ». La réussite de ce projet nous permet aujourd’hui d être considéré comme incontournable par nos clients mais aussi par nos partenaires institutionnels. En rebond, cela se traduit par l’ouverture sur de nouveaux marchés, en pleine croissance. Nous développons également une expansion sur le secteur loisir et offrons ainsi des services accrus à nos membres avec un élargissement de leur commercialisation et de leur chiffre d’affaires.

Face aux évolutions d’une société de plus en plus connectée, comment votre entreprise se situe t’elle ?
La 1ère illustration est notre présence sur les réseaux sociaux qui est pour nous un moyen d’entretenir les relations avec nos clients et de développer l’information auprès de notre communauté. Les techniques et les formats évoluent très rapidement et nous travaillons par exemple à la refonte de notre site internet au maximum tous les 3 ou 4 ans.
Nous avons également mis en place une conciergerie numérique pour renforcer cette relation client accessible via le site ou le mobile. Nous pouvons ainsi multiplier les interactions, proposer un room directory connecté avec le château de Versailles, les salles de spectacles aux alentours… Cette conciergerie nous permet aussi de recueillir les demandes ou les avis clients durant leur séjour, et d’y répondre au mieux.

Et face aux nouveaux défis de la RSE, la Responsabilité Sociétale des Entreprises ?
Pour la partie environnementale, Cazaudehore est l’un des très rares propriétaires terriens au cœur d’une forêt domaniale. Pour obtenir 1 hectare au sein de la forêt de St Germain en Laye, nous avons dû racheter prés de 60 hectares de parcelles de forêt à travers la France, pour faire un échange standard avec l’ONF. A travers la spécificité de notre lieu, nous avons donc une attention toute particulière sur notre environnement. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle nous n’avons pas mis de climatisation, parce que nous bénéficions de la fraicheur de la forêt et de son écrin naturel. Après la tempête de 1999, lorsqu’une bonne partie des arbres a été décimée, nous en avons aussi replanté.
En cuisine, nous ne travaillons que des produits frais, avec beaucoup moins d’emballages. Et globalement nous limitons les déchets sur tout ce qui est produit ici, qui est le plus souvent possible recyclé.
Notre responsabilité sociétale vient aussi du fait que nous sommes présents depuis plusieurs générations. Nous sommes actuellement 42 salariés, dont plus de 90 % sont en CDI. Notre plus grande fierté aujourd’hui, c’est la longévité de la présence de nos salariés alors que notre secteur d’activité connaît un turn-over très important. Plusieurs d’entre eux ont plus de 30 ans de maison, avec une moyenne d’environ 10 ans, ce qui est la meilleure preuve que la politique « ressources humaines » s’appuie sur la qualité et la confiance. Près de 50 % de nos salariés sont également logés sur place, ce qui traduit aussi notre esprit de famille.

Quels sont les challenges que vous souhaitez relever ?
Cela peut paraitre très classique mais nous nous battons pour que cette baisse de CA ne se traduise pas par une perte de profitabilité. Il faut que l’on s’adapte à travers une réorganisation globale en s’attachant à une optimisation des coûts menée en parallèle d’une augmentation de qualité. Cela reste un enjeu aujourd’hui et un défi majeur pour demain.